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Des bibles pour Kananga

Date de publication : 23/06/2014

La bibliste Christine Prieto s'est rendue récemment à l'Université Presbytérienne du Congo, envoyée par le Défap, pour une distribution de bibles NBS édition Défap aux étudiants de théologie, et pour une série de cours sur le Nouveau Testament. Isolée dans une province éloignée du pouvoir central, cette université protestante (l'une des trois avec lesquelles le Défap est en lien en RDC) a un besoin crucial de soutien.

FICHE PAYS
Le point sur la République Démocratique du Congo et les actions du Défap dans ce pays

>> Visite en images de l'UPRECO <<
>> Le site internet de l'UPRECO <<
>> Fiche projet du Défap : des bourses pour les étudiantes de l'UPRECO <<
>> Le projet NBS : "Des bibles pour la mission" <<

Etudiants travaillant en plein air sur le campus de l'UPRECO © Défap

Le souvenir de Luluabourg est partout présent à Kananga, par des bâtiments coloniaux décrépits, de trop vastes hôtels qui tombent en ruines et où vont se réfugier les enfants des rues. Luluabourg était le nom choisi en 1884 par l'Allemand Hermann Wißmann, lorsqu'il avait fondé, sur la rive de la rivière Lulua, cette ville qui devait devenir la capitale du Kasaï-Occidental, au centre de la République démocratique du Congo. Florissante jusqu'à l'indépendance du pays, en 1960, rebaptisée ensuite par Mobutu Sese Seko, Kananga a été peu à peu oubliée par le pouvoir central. Capitale d'une province enclavée, isolée des centres de décision par des centaines de kilomètres de routes transformées en fondrières, elle n'est accessible depuis Kinshasa que par avion.

L'Université Presbytérienne du Congo (UPRECO) est à l'image de cette ville délaissée par les autorités de RDC : isolée, dépourvue de moyens, installée sur un ancien site missionnaire de l’époque coloniale où la brousse se développe et dont les bâtiments se dégradent, elle offre un cadre étrange, bucolique et hors du temps. Pas d'électricité, faute d'argent pour acheter le mazout nécessaire au groupe électrogène. Pas davantage d'eau courante : les câbles de la pompe ont été volés. Elle compte néanmoins deux facultés – une de droit, une de théologie – où se retrouvent plus de 400 étudiants et enseignants. « Ils se battent pour faire vivre cette université », raconte Christine Prieto. Pasteur de l'Église protestante unie de France, où elle exerce un ministère d'animation biblique, auteur d'un livre sur la prédication de l'Evangile dans le monde grec et d'une thèse de doctorat en théologie sur les miracles dans l'Evangile de Luc, elle a été récemment envoyée par le Défap à l'UPRECO.

« L'antenne Défap », réseau de solidarité entre femmes

C. Prieto: « Une université de brousse »

« Une distribution de bibles solennelle »

Première rencontre avec les boursières

L'UPRECO est l'une des trois universités protestantes avec lesquelles le Défap est en lien en RDC (voir encadré ci-dessous). L'envoi d'enseignants comme Christine Prieto est l'une des formes de ce lien, dont l'enjeu va, pour les enseignants et pour les étudiants, bien au-delà de la seule aide matérielle.

En témoigne – exemple unique – « l'antenne Défap » créée sur place par les étudiantes bénéficiaires d'une bourse du Défap : il s'agit d'une association où peuvent se retrouver anciennes et nouvelles boursières pour garder le contact. Un véritable réseau de solidarité entre femmes.

Le soutien du Défap, s'il est de plus en plus nécessaire avec la réduction des soutiens internationaux, est aussi un encouragement pour tous, étudiants, enseignants et administrateurs. Ces derniers, raconte Christine Prieto « m’ont fait part de leurs difficultés, mais aussi de leur détermination à maintenir un enseignement de qualité, à soutenir les étudiants, et à payer un salaire minimum aux professeurs ».

Des étudiants obligés de revendre leurs livres

Le temple de l'UPRECO © Défap

Les liens sont néanmoins difficiles à entretenir, du fait de l'isolement de Kananga, et pour sa première visite à l'UPRECO (un séjour d'un peu moins d'une semaine), Christine Prieto avait un programme chargé. Distribuer des Bibles, tout d'abord, dans le cadre du « projet NBS » lancé en 2007 par le Défap (lire : « Des bibles pour la mission »). Comme souvent dans les centres de formation théologiques des Églises du Sud, les étudiants manquent cruellement de documentation. Le Défap a déjà soutenu la bibliothèque. Elle bénéficie de dons. Mais que faire pour les étudiants eux-mêmes, qui, faute d'argent, ne peuvent se procurer des livres ou doivent les revendre une fois leurs études finies ? C'est tout l'intérêt de la Bible NBS, édition Défap, qui constitue un outil complet pour de futurs pasteurs ou évangélistes avec notes, concordance...

« La distribution était très attendue », raconte Christine Prieto. « Elle a eu lieu sitôt après mon arrivée, dans la bibliothèque où étaient rassemblés les étudiants en théologie. J’ai prononcé un bref discours sur le sens de cette édition Défap : elle montre notre désir de lire ensemble la Bible, et de confronter nos diverses approches culturelles en la lisant. Pour nous, la Bible est un patrimoine de tous les êtres humains, et pas d'une seule culture. Puis les étudiants ont été appelés un par un pour venir chercher leur bible : ils la recevaient comme si c'était un prix, une récompense – c'était très solennel... »

Signe de l'engouement suscité par cette distribution, des étudiants en droit ont demandé, eux aussi, à pouvoir en bénéficier, et il a fallu leur expliquer que les étudiants en théologie étaient prioritaires...

« Une vraie rencontre interculturelle »

"Restaurant universitaire" sur le campus de l'UPRECO © Défap

Le deuxième temps fort de ce séjour était une série de cinq cours, dispensés par Christine Prieto, sur le sujet de sa thèse de doctorat : la maladie, les traitements, la guérison, les miracles dans l’Evangile de Luc. En faisant le lien avec les connaissances médicales de l'époque. « Il y a eu là une vraie rencontre interculturelle, très riche, raconte Christine Prieto. C'était le sujet idéal : je me suis trouvée face à des étudiants qui rentraient tout de suite dans le texte par rapport au domaine du surnaturel. Ils m'ont demandé comment ça se passe en France ; je leur ai expliqué que nous sommes des gréco-latins, hippocratiques, cartésiens, et que, non, nous n'avons pas l'habitude d'attribuer telle ou telle maladie à des démons... Ils ont beaucoup apprécié les cours, je les ai fait travailler en petits groupes ; j'ai également fait une conférence sur la sociologie de l’Eglise primitive. »

Ce séjour comportait aussi une visite à la bibliothèque de l'université, afin de faire un point sur le fonds et le catalogage ; une rencontre avec les boursières du Défap, confrontées à un manque criant de ressources et à l'insécurité... Et pour resserrer un peu plus les liens avec le protestantisme français, Christine Prieto était aussi chargée d'une mission de bons offices afin de favoriser un jumelage entre Kananga et la paroisse EPUdF de Chartres.

Franck Lefebvre-Billiez

 

Le Défap en République Démocratique du Congo :
  Le Défap travaille en lien avec les universités protestantes suivantes:
    - L'Université Protestante du Congo - UPC (à Kinshasa);
    - L'Université Libre des Pays des Grands Lacs - ULPGL (à Goma et à Bukavu);
    - L'Université Presbytérienne du Congo - UPRECO (à Kananga).
  Toutes ces universités comportent une faculté de théologie.
  Le Défap échange avec les facultés de théologie partenaires en RDC par l'envoi de professeurs et l'accueil de boursiers.
  Le Défap participe actuellement au financement de bourses de dix étudiantes de l'UPRECO, une université protestante particulièrement défavorisée tant économiquement que géographiquement. Un projet est en cours visant à élargir le programme de bourses à toutes les étudiantes de l'UPRECO qui représentent une minorité importante (35 femmes sur 400 étudiants). En effet, les familles choisissent en général de favoriser l'éducation des garçons plutôt que celle des filles quand elles ne disposent de moyens financiers suffisants.
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