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Centrafrique : faire attention aux mots

Date de publication : 27/02/2014

Peut-on parler de "génocide" à propos de la situation centrafricaine ? Le mot est revenu ces jours derniers dans les débats parlementaires en France, lorsqu’il a fallu voter pour la prolongation de la mission Sangaris. Attention toutefois à ne pas se laisser aveugler par un vocabulaire terrifiant, mais qui pourrait masquer les véritables ressorts politiques et sociaux de ce qui se joue aujourd'hui dans l'Afrique subsaharienne
Centrafrique : faire attention aux mots

Soldats de la Misca à Bangui (Twitter/Peter Bouckaert)

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Le point sur la République centrafricaine

>> L'appel du Défap : répondre à l’urgence humanitaire en RCA <<
>> Centrafrique : avec le Défap, appel d'urgence à la solidarité de la FPF <<
 

Soldats de la Misca à Bangui (Twitter/Peter Bouckaert)

 

De la France ou des Etats-Unis, peu importe qui, le premier, a prononcé le mot de « génocide » à propos de la Centrafrique. C’était à l’époque pour susciter une intervention armée que l’opinion et la communauté internationale réclamaient et qu’elles allaient conjointement justifier auprès d’elles-mêmes par la situation sécuritaire, puis humanitaire qui s’installait alors dans le pays.

Le mot est revenu ces jours derniers dans les débats parlementaires en France, lorsqu’il a fallu voter pour la prolongation de la mission Sangaris. Et pour cause : quoi de plus terrifiant, de plus inacceptable qu’un génocide ? Flotte autour de ce terme l’odeur des fours crématoires de la dernière guerre ou celle du sang répandu dans les collines rwandaises, deux des cas à propos desquels la France n’en finit plus de batailler avec sa culpabilité et son aveuglement.

Prendre la juste mesure des mots

Pour soutenir le programme d’aide à la population centrafricaine, adressez vos dons à :

 

 

 - Fondation du Protestantisme, 47 rue de Clichy – 75 311 Paris cedex 09.
 - Dons en ligne : www.fondationduprotestantisme.org
 - Les chèques ou virements doivent être libellés à l’ordre de «Fondation du protestantisme». Porter la mention «Solidarité protestante-RCA» au verso des chèques.
IBAN : FR76 3078 80010010 2078 2350 030
Banque Neuflize OBC Paris 8° (Pour les virements bancaires).
CODE BIC : NSMBFRPPXXX
Les dons versés à la Fondation du protestantisme, fondation reconnue d’utilité publique, sont déductibles des impôts. Merci d'indiquer vos coordonnées pour l'envoi du reçu fiscal.

Quelque tragique que soit la situation en Centrafrique, victime d’une crise majeure dont les répercussions sous-régionales ne sont plus à démontrer, il ne s’agit pourtant pas d’un génocide. Selon la Convention pour la prévention et la répression du crime de génocide, adoptée par les Nations unies le 9 décembre 1948 (retrouvez ici le texte, et la liste des pays qui y ont adhéré), le terme s’applique aux actes « commis dans l’intention de détruire ou tout ou en partie, un groupe national, ethnique, racial ou religieux ».

Dans un article paru dans le journal Le Monde, Marielle Debos, maître de conférences en sciences politique à l’université de Nanterre rappelait que pour qu’il y ait génocide, il faut qu’il y ait organisation et planification. Aussi horrible que cela puisse paraître, la faillite de l’Etat centrafricain le garantit contre toute dérive génocidaire. Car « pour organiser la destruction d’une population, il faut des institutions. Il y a vingt ans, le génocide des Tutsi du Rwanda a été soigneusement planifié, orchestré et mis en œuvre par un Etat », rappelle-t-elle.

Souvent, nous brandissons des mots comme terrorisme, ou génocide, sans prendre la juste mesure de qu’ils représentent. Il faut se demander s’ils ne créent pas un écran de fumée sur les véritables ressorts politiques et sociaux qui sous-tendent les actes de violence actuels en Afrique subsaharienne, qu’ils se déroulent en Centrafrique ou au Nigeria. Marielle Debos va plus loin, accusant cette terminologie inappropriée d’alimenter « de bien dangereuses prophéties auto-réalisatrices ». C’est peut-être un peu excessif, mais ce n’est pas absurde.

Valérie Thorin

 

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