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Cinq ans après le séisme, où en sont les relations entre protestants de France et d'Haïti ?

Date de publication : 05/12/2014

Parler d'Haïti cinq ans après le séisme, c'est s'exposer au risque de la commémoration ou du bilan humanitaire. Mais ce n'est pas l'objet de la soirée qui se tiendra le 12 janvier au siège du Défap. Car les relations entre protestants de France et d'Haïti vont bien au-delà de l'urgence née du séisme.

PLATEFORME HAITI
Présentation sur le site de la Fédération protestante de France

>> Actualités et fiche pays : le point sur Haïti sur le site du Défap <<
>> Témoignages d’envoyés du Défap en Haïti <<
>> Chroniques de Philippe Verseils (suivi des projets en Haïti de 2010 à 2012)<<

Volontaire française en Haïti © Sophie Reille, 2011

 

Pourquoi Haïti, pourquoi maintenant ?

Le séisme dévastateur, les rues de Port-au-Prince encombrées de débris, une ville entière ravagée et réduite à un champ de ruines (petites ruines ou vastes ruines, humbles demeures et bâtiments officiels tous mêlés dans le même effondrement), c’était il y a cinq ans. Le 12 janvier 2010, très exactement. Les images de la capitale haïtienne frappée, de ses rues remplies de sans-abris dormant au mieux sous une tente, au pire à même le sol et sans aucune protection, avaient fait le tour du monde. Le mouvement international de soutien qui avait aussitôt suivi la catastrophe avait été à la mesure des dégâts du séisme.

Alors, pourquoi Haïti, pourquoi maintenant ?

Cinq ans après, il serait facile de se désengager. De se dire que la phase de la reconstruction est achevée. Qu’Haïti n’en est plus au stade de l’urgence. Le fait même qu’un soutien soit toujours nécessaire ne pourrait que susciter la méfiance.

Cette méfiance n’a pas épargné les interventions humanitaires de tous ordres en Haïti, qu’elles soient le fait de petites structures ou d’ONG présentes dans de nombreux pays, d’organisations internationales ou d’Etats. Les Haïtiens eux-mêmes ont pu en constater avec amertume tous les travers, en juger toutes les déperditions d’énergie, ce qu’a dénoncé un cinéaste haïtien, Raoul Peck, dans un film en forme de réquisitoire contre les dérives de l’intervention humanitaire, « Assistance mortelle ».

Mais nous ne parlons pas ici d’assistance humanitaire.

Dépasser les problématiques de l’intervention d’urgence

Les relations entre protestants de France et protestants d’Haïti sont établies de longue date. Elles ont pu être plus ou moins suivies, plus ou moins distendues par le temps et l’éloignement... mais au moment du séisme de 2010, si les protestants de France ont manifesté une solidarité exemplaire, ce n’était pas seulement au nom d’un quelconque devoir humanitaire.

L’aide a permis de soutenir de nombreux orphelinats... mais au-delà, se sont établies des relations dans la durée © Sophie Reille, 2011

Des liens privilégiés existent entre la Fédération protestante de France (FPF) et la Fédération protestante d’Haïti (FPH). Le passage de quatre tempêtes dévastatrices sur le territoire haïtien en 2008 (Fay, Gustav, Hanna et Ike), qui avait fait des centaines de morts et des milliers de sinistrés, était intervenu à une période de rapprochement entre protestants de France et d’Haïti. Un rapprochement qui avait été accéléré par ces cyclones destructeurs, se traduisant par la création en France de la plateforme Haïti, regroupant des acteurs du monde protestant aussi divers que la Mission Biblique, le Défap, la fondation La Cause, Réforme... En 2010, au moment du tremblement de terre, les réseaux protestants étaient donc bien en place, et la solidarité a trouvé rapidement des canaux pour s’exprimer.

Il y a eu des aides d’urgence. Il fallait bien reconstruire. Mais avec toujours la volonté d’ouvrir sur le long terme. Cette aide s’est manifestée dans de nombreux domaines. Dans un premier temps, distribution de nourriture, d’eau, lutte contre les risques de choléra, expertise technique sur les bâtiments fragilisés par le séisme. Dans un deuxième temps, soutien aux écoles (à la fois aux bâtiments sous la forme d’achat de matériel, aux activités d’enseignement par l’envoi de volontaires, aux écoliers les plus défavorisés par des aides financières) ; soutien aux coopératives scolaires à travers des projets générateurs de revenus ; soutien aux orphelinats (aide à l’achat de locaux, à la réalisation de systèmes d’adduction d’eau potable). Et de nombreux autres projets dans le domaine sanitaire (achat d’une génératrice de secours pour l’hôpital du Cap Haïtien), dans le domaine universitaire (bourses pour des étudiants dont le cursus avait été interrompu par le séisme, accueil d’étudiants en théologie en France)... Le but n’étant pas de se cantonner à l’urgent et au visible, aux bâtiments à reconstruire et à la nourriture à distribuer, mais plutôt de se préoccuper de bâtir des structures pérennes. Par exemple à travers le parrainage, par la fondation La Cause, de huit orphelinats en Haïti. Ou par la création d’une coordination des orphelinats... A travers le soutien à des structures représentatives – notamment le soutien institutionnel à la Fédération protestante d’Haïti, qui est aujourd’hui un interlocuteur reconnu, légitime à la fois en Haïti et à l’étranger, représentant pleinement le protestantisme haïtien.

Il importe de garder le lien

Volontaire française en Haïti © Sophie Reille, 2011

A travers tous ces projets, ce qui transparaît, c’est bien la volonté d’installer un vrai partenariat, et non pas une relation de dépendance. De permettre aux Haïtiens eux-mêmes d’être acteurs et responsables. Si la très grande majorité des aides humanitaires envoyées en Haïti après le séisme ont été gérées par du personnel étranger, si les Haïtiens y ont souvent été étrangers, alimentant la méfiance aussi bien en Haïti que parmi les donateurs, tel n’a pas été le cas pour les relations entre protestants de France et d’Haïti.

Alors, oui, Haïti maintenant. Non pas pour commémorer un tragique anniversaire, non pas pour relancer un appel aux dons d’urgence, mais parce que le protestantisme haïtien compte, aujourd’hui comme hier, sur le protestantisme français. Parce qu’il importe de garder le lien, même cinq ans après le séisme. Parce que la générosité des parrains d’orphelins ne doit pas s’arrêter là – et que de nombreux enfants au sein des orphelinats haïtiens sont encore en attente de parrains. Parce que les étudiants qui ont pu poursuivre leur cursus grâce à des bourses ne peuvent pas s’arrêter demain si le soutien fait soudain défaut. Mais ce lien implique aussi des formes de soutien qui ne sont pas seulement financières. C’est bien cette volonté de bâtir des relations à long terme qui était au cœur, notamment, de la visite organisée à Port-au-Prince début 2014, et à laquelle avaient participé notamment François Clavairoly, président de la Fédération protestante de France, et Jean-Luc Blanc, responsable du service Relations et Solidarités internationales au Défap.

Cinq ans après, les relations entre protestants de France et d’Haïti sont plus que jamais nécessaires. Justement parce qu’il importe de construire un partenariat qui ne soit plus marqué par l’urgence de la reconstruction. C’est ce partenariat à conforter qui sera au cœur de la soirée organisée le 12 janvier au siège du Défap.

Franck Lefebvre-Billiez

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