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Centrafrique : « Musulmans, catholiques et protestants peuvent vivre en harmonie »

Date de publication : 10/04/2014

Monseigneur Nzapalainga, archevêque de Bangui, et l’imam Kobine, rencontrés lundi par la délégation Défap-Cevaa-Ceta, font tous deux partie de la plateforme des leaders religieux à Bangui. De concert avec le pasteur Guérékoyamé, président de l’Alliance des Évangéliques de Centrafrique, ils plaident sans relâche auprès des membres de leurs communautés pour prouver qu’un « vivre ensemble » est possible. En dépit des méfiances et des blessures subies.

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Le point sur la République centrafricaine

>> L'appel du Défap : répondre à l’urgence humanitaire en RCA <<
>> Centrafrique : avec le Défap, appel d'urgence à la solidarité de la FPF <<
 

Ce dossier est constitué en partenariat avec la revue "Signes des Temps".

 

 

Monseigneur Nzapalainga, archevêque de Bangui, et l’imam Kobine. © Claire Bernole pour Défap

C’est dans un cadre verdoyant, baigné par le fleuve Oubangui et scintillant de lucioles à la tombée du jour que sont rencontrés Monseigneur Nzapalainga, archevêque de Bangui, l’imam Kobine et les membres de la délégation Cevaa-Défap-Ceta en déplacement dans la capitale centrafricaine. Rien qui puisse illustrer ou laisser présager les tensions qui animent le pays et qui sont souvent ramenées – dans une tentation simpliste – à des querelles interconfessionnelles.

« Nous ne pouvions pas rendre une visite de solidarité à nos Églises sœurs sans échanger avec l’ensemble des croyants de ce pays », a introduit Jean-Arnold de Clermont, président du Défap, avant de questionner les deux leaders de la plateforme interreligieuse (1) sur le présent et l’avenir de la République centrafricaine. « Il faut faire avec la situation actuelle, qui est que le pays est trop faible pour se prendre en main. C’est le chaos, l’injustice, l’insécurité. La pauvreté et le manque d’éducation facilitent la manipulation des masses et l’instrumentalisation de la religion », a décrit l’archevêque. Et d’ajouter : « C’est pourtant dans ce contexte que nous devons prêcher la parole de Dieu. Nous restons convaincus que musulmans, catholiques et protestants peuvent vivre en harmonie. Aussi, pour aujourd’hui et en vue de demain, nous essayons de réunir. »

« Ce n’est pas une banale visite de courtoisie »

Pour soutenir le programme d’aide à la population centrafricaine, adressez vos dons à :

 

 

 - Fondation du Protestantisme, 47 rue de Clichy – 75 311 Paris cedex 09.
 - Dons en ligne : www.fondationduprotestantisme.org
 - Les chèques ou virements doivent être libellés à l’ordre de «Fondation du protestantisme». Porter la mention «Solidarité protestante-RCA» au verso des chèques.
IBAN : FR76 3078 80010010 2078 2350 030
Banque Neuflize OBC Paris 8° (Pour les virements bancaires).
CODE BIC : NSMBFRPPXXX
Les dons versés à la Fondation du protestantisme, fondation reconnue d’utilité publique, sont déductibles des impôts. Merci d'indiquer vos coordonnées pour l'envoi du reçu fiscal.

Monseigneur Nzapalainga n’a pas hésité à insister sur le fait que jamais auparavant le pays n’avait connu de situation de ce genre. Or, sa cohabitation avec l’imam Kobine, qui vit à l’archevêché depuis environ une année, montre bien qu’un « vivre ensemble » est possible. « Si nous y parvenons, pourquoi les autres s’entretueraient ? », interroge l’homme d’Église.

L’imam Kobine a également pris la parole en ce sens, rappelant qu’ils ont commencé leur travail à travers la plateforme depuis avril 2013. « En tant que leader de la communauté musulmane, je ne pouvais rester sans voix face aux pillages, aux meurtres, aux viols… Cela ne fait pas partie de notre religion », a-t-il souligné. Sur le même ton, toujours très posé, il a affirmé que « Dieu a accepté leurs efforts et apaisé les peurs entre chrétiens et musulmans », qui pour certains continuent à se côtoyer. Et de certifier qu’il ne s’agit en aucun cas d’une islamisation du pays.

Chacune des parties en présence a manifesté la volonté de poursuivre ce travail commun, concrétisé à travers la plateforme des leaders religieux. « Nous demandons votre accompagnement par la prière, car c’est ce que les frères et cœurs se doivent de s’offrir. Cela est bien plus important que de l’argent ou des troupes supplémentaires », a renchéri l’imam Kobine, avant de terminer par une parole forte – comme un engagement pris à l’égard de tous ceux qui compte sur eux : « Nous voulons rester debout, avec le soutien de nos communautés. »

Un regard lucide et à la fois plein d’espérance. Pour avancer vers une résolution des conflits, il faudra du temps et une action inscrite dans une perspective à moyen voire long terme. « Ce n’est pas une banale visite de courtoisie. Sachez que notre volonté est de vous soutenir dans la durée. Relancez-nous sans cesse », a conclu Jean-Arnold de Clermont, en forme d’invitation.

Claire Bernole,
pour le Défap et la Cevaa, en collaboration avec Signes des Temps

(1) Le troisième, le pasteur Guérékoyamé, président de l’Alliance des Évangéliques de Centrafrique, était absent. Les présidents du Défap et de la Cevaa avaient eu l’occasion de le rencontrer quelques semaines plus tôt à Paris.
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