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Centrafrique : « Jamais les Églises n'ont été associées à la formation des anti-balakas »

Date de publication : 24/02/2014

Le Révérend Nicolas Guerekoyame-Gbangou, Président de l’Alliance des Évangéliques en Centrafrique (AEC), s'efforce depuis des mois de faire baisser les tensions entre communautés dans le pays, de concert avec Mgr Dieudonné Nzapalainga, Président de la Conférence Épiscopale, et avec l'imam Omar Kobine Layama, président de la Conférence islamique de RCA. Il revient aujourd'hui pour le Défap sur la situation de la Centrafrique, sur les relations entre chrétiens et musulmans... et sur le rôle des milices anti-balakas, auxquelles il refuse de voir associé le nom de « milices chrétiennes ».
Centrafrique : « Jamais les Églises n'ont été associées à la formation des anti-balakas »

Une victime des violences à Bangui (Twitter/Peter Bouckaert)

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>> L'appel du Défap : répondre à l’urgence humanitaire en RCA <<
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Distribution de nourriture à Bangui © Twitter/Peter Bouckaert, HRW

Défap : Peut-on parler d'un conflit interreligieux aujourd'hui en Centrafrique ?

Révérend Nicolas Guerekoyame-Gbangou : Non. Les médias français, dans la manière dont ils rendent compte de la situation en Centrafrique, ont suscité beaucoup de mécontentement. Et pas seulement chez nous : l'ambassadeur de France à Bangui, lui-même, en a été choqué. Nous voudrions attirer l'attention de la communauté internationale sur ce point : beaucoup de ces reportages ne traduisent pas la réalité de ce qui se passe sur le terrain.

Ce que nous disons et répétons, c'est qu'il ne s'agit pas d'un conflit interreligieux. C'est ma position, de même que celle de Mgr Dieudonné Nzapalainga, Président de la Conférence Episcopale, et celle de l'imam Omar Kobine Layama, président de la Conférence islamique de RCA. Par exemple, l'imam et sa famille sont protégés par l'archevêché depuis le 5 décembre. Quant au petit frère de l'imam et à sa famille, ils sont actuellement chez moi, qui suis le président de l’Alliance des Evangéliques en Centrafrique !

Nous avons d'autres exemples de musulmans qui sont protégés des troubles par des chrétiens. Et nous nous efforçons aussi de venir en aide à des gens qui sont menacés car vus comme « étrangers ». Nous avons, par exemple, pris contact avec le représentant spécial de l'Union Africaine qui supervise la Misca pour lui présenter le cas d'un couple d'origine sénégalaise. Ils sont nés ici ; ils n'ont nulle part ailleurs où aller. Ils ont besoin qu'on assure leur sécurité, ils ont besoin d'être soutenus financièrement.

Nous avons essayé à plusieurs reprises de faire passer ce genre de message parmi les médias français. Mais s'ils nous accordent facilement des occasions de nous exprimer, ils ne changent pas pour autant leur manière de présenter la situation en Centrafrique.

 

Pour soutenir le programme d’aide à la population centrafricaine, adressez vos dons à :

 

 

 - Fondation du Protestantisme, 47 rue de Clichy – 75 311 Paris cedex 09.
 - Dons en ligne : www.fondationduprotestantisme.org
 - Les chèques ou virements doivent être libellés à l’ordre de «Fondation du protestantisme». Porter la mention «Solidarité protestante-RCA» au verso des chèques.
IBAN : FR76 3078 80010010 2078 2350 030
Banque Neuflize OBC Paris 8° (Pour les virements bancaires).
CODE BIC : NSMBFRPPXXX
Les dons versés à la Fondation du protestantisme, fondation reconnue d’utilité publique, sont déductibles des impôts. Merci d'indiquer vos coordonnées pour l'envoi du reçu fiscal.

Défap : Est-il juste de présenter les anti-balakas comme des « milices chrétiennes » ?

Révérend Nicolas Guerekoyame-Gbangou : Jamais les Églises n'ont été associées, de près ou de loin, à la formation de ces milices. D'ailleurs, l'histoire des anti-balakas remonte à bien avant l'apparition de la Séléka. Elle commence dans les années 90. A cette époque, de nombreux villageois, réagissant face à l'insécurité, ont décidé de s'organiser contre des brigands qui les rançonnaient et qui s'attaquaient notamment à leurs troupeaux de bœufs : les « coupeurs de routes ». Des groupes armés se sont constitués pour aider les gardiens des troupeaux à se protéger. Par la suite, lorsque ces même brigands ont commencé à lancer des incursions dans les villages, les groupes armés sont devenus des milices villageoises d'auto-défense.

Par la suite, lorsque Bozize a perdu le pouvoir en Centrafrique, il a cherché à récupérer à son profit ces milices d'auto-défense. C'est à partir de ce moment-là que le nom de « chrétiens » a commencé à être accolé aux anti-balakas, par opposition aux « musulmans » de la Séléka. Mais pas plus que les membres de l'ex-Séléka ne sont tous musulmans, les membres des anti-balakas ne doivent être considérés comme des représentants des chrétiens de Centrafrique. Parmi ceux qui se sont engagés dans ces milices prétendument « chrétiennes », il y a ainsi des « féticheurs » notoires, des gens qui arborent des gris-gris pour se protéger des balles, et qu'aucun prêtre de nos Églises ne reconnaîtrait comme chrétiens ! De même, au sein des Sélékas, si les deux-tiers sont effectivement d'origine musulmane, la plupart ne sont pas pratiquants...

Nous sommes voisins depuis toujours avec les musulmans. Nous vivons avec eux. Et nous ne nous reconnaissons pas dans ce mouvement politico-militaire qui agit par le biais des anti-balakas, et qui vise avant tout à reconquérir le pouvoir en Centrafrique.

Propos recueillis par Franck Lefebvre-Billiez

 

 
 
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