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Madagascar : Marine dans sa troisième année

Date de publication : 17/10/2013

Marine Buisson, envoyée à Madagascar sous statut VSI (Volontariat de solidarité internationale), entame sa troisième année dans la grande île. Voici la lettre de nouvelles qu'elle vient d'envoyer au Défap.
Madagascar : Marine dans sa troisième année

Marine Buisson à Madagascar © Marine Buisson

Et oui, j’entame déjà ma 3e année à Madagascar ! Que le temps passe vite. Et mora-mora, les choses évoluent et changent. Peut-être que le changement, ce sera pour cette année ! Promises depuis le début de l’année 2013, les élections présidentielles se profilent à l’horizon. Nous n’en avons jamais été aussi proches : depuis le 24 septembre, soit un mois et un jour avant le jour J (oui, car quand on est un futur président, on peut ne pas respecter les règles et commencer plus tôt que la date légale), la « propagande » a commencé.

Propagande, c’est le mot utilisé ici pour parler de la campagne électorale. Et cela s’en rapproche dangereusement : 4x4 à Tana (et taxi-brousse dans les villes de province) sur lesquels sont hissés des hauts parleurs crachant les slogans des candidats ; distribution de T-shirt ; collages sauvages d’affiches et arrachages tout aussi sauvages de celles des adversaires ; lâchers de tracts par hélicoptères dans les zones les plus reculées et clips à la télé… La liste est encore longue car tous les moyens sont bons pour devenir le futur élu. Sauf que les gens ne sont pas très au courant de comment tout cela va se passer. Les listes électorales sont déjà clôturées depuis quelques mois, et tant pis pour ceux qui ne se sont pas inscrits ou qui n’avaient pas encore leur carte d’identité. L’utilisation pour la première fois sur l’île du bulletin unique pose également un certain nombre de questions. Nous attendons maintenant tous de savoir si ces élections vont se passer dans le calme et de la façon la plus démocratique possible. Les observateurs de l’Union européenne sont déjà sur place, prêts à faire leur travail.

Présentation en malgache

Le 7 octobre, ce fut aussi ma 3e rentrée au collège FJKM Fanovozantsoa à Ivato. Tout semble aller de soi maintenant : les collègues, les élèves et les parents me connaissent. Et je suis traitée comme n’importe quel autre professeur. A la fin du culte de rentrée, j’ai donc dû me présenter. Et cette année, je l’ai fait en malgache, pour la plus grande joie des petits et des grands.

Quelques modifications au sujet de mon travail sont venues renouveller ma mission. Cette fois-ci, je ne m’occupe plus que d’une classe, les 6e. Et je donne deux heures de français oral dans les autres classes, de la 5e jusqu’à la première. C’est un vrai challenge ! Comment faire participer mes 60 élèves de 5e sans que cela ne tourne à la cacophonie ? Comment donner confiance à mes 4e qui parlent tournés vers le tableau, de peur des moqueries de leurs camarades ? Comment intéresser mes 3e à ce qui se passe autour d’eux-et en français, alors que seuls comptent Facebook et Justin Bieber ? Et comment faire cours d’oral avec mes 1ères L  alors qu’ils sont seulement séparés des 1ères S par un rideau ?

L’année s’annonce riche en défis. Mais cela me stimule et donne un intérêt nouveau à la préparation de mes cours. D’autant plus qu’avec mes collègues, nous nous essayons à l’interdisciplinarité : quelques jours avant la rentrée, nous nous sommes retrouvés pour caler les programmes des disciplines littéraires. « En 6e, en malagasy, on n’étudie le texte descriptif qu’au début du deuxième semestre. Il serait bien de l’étudier en même temps en français et en anglais. » « Et en 5e, on travaille les contes au premier trimestre en malagasy. Pourquoi ne pas faire de même en français ? » « En 3e, on commence le programme d’éducation civique par les élections. Arriverais-tu à travailler aussi avec les élèves sur ce thème en français ? » Chouette, les choses bougent : les professeurs se sont enfin aperçus que les programmes ne sont pas adaptés aux élèves, qu’il faut se concentrer sur quelques notions de base essentielles. Et qu’en se mettant à travailler de concert, il est plus facile de transmettre la même notion, voire de donner des points de vue différents aux élèves pour leur permettre de se forger leurs propres idées.

Une maison sans fuite n’est pas une vraie maison malgache

3e année, 3e rentrée, mais aussi 3e été et 3e saison des pluies. C’est là que je m’aperçois qu’on oublie vite certaines choses. Après un hiver rude et qui s’est éternisé (et oui, il n’y a pas qu’en Europe qu’il fait gris et froid), nous sommes passés sans transition à l’été. La semaine de la rentrée, nous avons eu un ciel gris, nuageux avec le petit vent glacial caractéristique des Hautes-Terres. Et depuis ce week end, le soleil et le ciel bleu sont de retour… et avec eux la pluie et les orages ! Ça a été le moment de vérifier si les réparations du toit ont bien été faites. Mais avec ma colocataire, nous en sommes arrivées à la conclusion qu’une maison malgache sans fuite n’est pas une vraie maison malgache. Et tant qu’on peut mettre des bassines sous les fuites, tout va bien ! C’est le moment de penser à charger nos ordinateurs portables dans la journée, de faire une réserve de bougies et d’allumettes en prévision des coupures d’électricité et de se mettre à l’apprentissage de la langue des signes, le bruit de la pluie tombant sur les tôles empêchant toute communication directe – surtout quand il grêle ! 

Et bien sûr, nous nous sommes retrouvés entre envoyés du Defap pour la 3e année consécutive lors d’un week end à Antsirabe. De la première rencontre, il ne reste plus que la famille d’Emmanuelle et Mino à Fianarantsoa et moi-même. Mais heureusement, l’équipe se renouvelle : des « anciens » reviennent et des nouveaux arrivent. C’est ainsi que nous avons pu profiter de l’expérience d’Hélène et Michel Brosille, qui travaillent à Fandriana, dans un institut de formation des enseignants ; et de l’arrivée de Faniry et Tojo, venus aider au soutien scolaire et à l’animation en français dans des orphelinats à Tana et à Antsirabe. Cette rencontre avec nos responsables nous a permis de faire le point sur là où nous en sommes à propos de notre mission, notre foi, nos attentes, notre vie quotidienne… Ce week end fut riche en échanges et me permet de démarrer  cette année en toute sérénité !

A bientôt,

Marine

Photos d'illustration : vues de Madagascar prises par Marine Buisson. 
En haut : le cirque rouge. Plus bas : les grottes d’Anjohibe

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