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Nord-Cameroun : chrétiens et musulmans se veulent artisans de paix

Date de publication : 24/10/2013

Dans une région éloignée du pouvoir central, et soumise aux influences croisées du Tchad et du Nigeria, l'Église fraternelle luthérienne du Cameroun (EFLC) s'efforce, avec le soutien du Défap, d'aider à la cohabitation entre chrétiens et musulmans. Son président, Robert Goyek, également conseiller du président Paul Biya pour les Affaires religieuses, lance un appel aux Églises des pays du Nord, dont la France.
Nord-Cameroun : chrétiens et musulmans se veulent artisans de paix

Robert Goyek © Franck Lefebvre-Billiez

FICHE PAYS
Le point sur le Cameroun et les actions du Défap dans ce pays

>> Envoyé(s) en Afrique <<

 

Entre Kousséri et Ndjamena, la capitale tchadienne, il y a tout au plus une dizaine de kilomètres. Et deux ponts sur le fleuve Logone, marquant la frontière entre Tchad et Cameroun, qui donnent à Kousséri un rôle commercial important. La frontière du Nigeria est à peine plus distante : elle se situe à moins d'une cinquantaine de kilomètres à l'ouest. Pour rejoindre Yaoundé en revanche, la capitale du Cameroun, il faut compter près de 1400 kilomètres... Excentrée dans la région de l'Extrême-Nord, Kousséri est donc isolée face aux influences venues du Tchad et du Nigeria. Déjà,  durant la guerre entre Tchad et Libye, la ville a vu arriver des milliers de fuyards venus de  Ndjamena. Aujourd'hui encore, l'instabilité de son voisin direct lui vaut un afflux continu de réfugiés. Or la population chrétienne y est minoritaire, l'équilibre avec la population musulmane fragile, et le modus vivendi directement mis en danger par cette arrivée massive de fuyards musulmans.

Robert Goyek © Franck Lefebvre-Billiez

Kousséri est symptomatique de toute la région de l'Extrême-Nord, où la cohabitation entre  chrétiens et musulmans, traditionnellement pacifique, se trouve aujourd'hui menacée. C'est dans cette ville dont la population gonfle quotidiennement avec l'apport de nouveaux déplacés que l'Église fraternelle luthérienne du Cameroun (EFLC) s'efforce de promouvoir la cohabitation pacifique entre jeunes chrétiens et jeunes musulmans, à travers notamment une école, baptisée « Espoir », qui accueille des élèves de toutes confessions. Un symbole fort dans un pays où le secteur de l'éducation dépend en très grande partie des Églises : par cet accueil de tous, par l'accent mis sur l'éducation des jeunes filles, tout comme par ses résultats, « elle fait notre fierté », souligne Robert Goyek, président de l'EFLC. Qui espère désormais obtenir le soutien des Églises protestantes européennes, et notamment françaises, pour aider à la réussite du projet. Aujourd'hui, l'école est « sous un hangar », souligne-t-il. Il faudrait construire un bâtiment digne de ce nom pour accueillir les élèves. Déjà soutenue par la Colureum et le Défap pour d'autres projets, l'EFLC s'efforce d'obtenir une aide supplémentaire pour cette école ; un projet que Robert Goyek est venu défendre ce mois d'octobre à Paris. C'est à cette occasion qu'il est revenu sur l'implication des Églises protestantes françaises au Nord-Cameroun à travers le Défap :

Santé, éducation : les projets soutenus par le Défap au Nord-Cameroun

Robert Goyek avec Christian Bonnet, Secrétaire Général du Défap © Franck Lefebvre-Billiez

Pour présenter son action, et celle de l'Église dont il est le président, Robert Goyek cite volontiers l'Évangile de Matthieu : « Heureux ceux qui répandent autour d'eux la paix ». Il sait bien que l'EFLC, implantée dans le nord du pays, ne peut guère compter sur l'appui du pouvoir central face aux risques de déstabilisation. Mais Robert Goyek a d'autres moyens de plaider la cause de la paix, puisqu'il préside aussi le Conseil des Églises protestantes du Cameroun (CEPCA) ; il est par ailleurs conseiller du président Paul Biya pour les Affaires religieuses.

Il a ainsi accueilli dans la ville de Maroua, en janvier dernier, une conférence réunissant des leaders religieux chrétiens et musulmans d'une dizaine de pays africains, organisée par le Programme des relations islamo-chrétiennes en Afrique (PRICA). Les participants ont tous manifesté leur préoccupation devant la situation des « pays de la région centrale et de l’Ouest de l’Afrique francophone qui ont connu des bouleversements politiques, dont certains ont des soubassements religieux ». Ils ont notamment lancé un appel à la paix face aux violences en Centrafrique. Et arrêté le principe de rencontres régulières entre chefs religieux pour tenter de désamorcer les sources de conflits. L'une a eu lieu en août dernier à Douala, capitale économique du Cameroun ; d'autres devraient suivre au niveau régional et local, à Garoua (nord du Cameroun) et Maroua (Extrême-Nord). Pour Robert Goyek, il y a urgence à réagir face aux risques d'instrumentalisation des religions qui pourraient déboucher sur des conflits : « Si nous ne faisons rien, souligne-t-il, nous risquons de vivre des drames comme celui du Nigeria ». Le Nigeria, si proche du Nord-Cameroun, et qui a connu des affrontements meurtriers entre chrétiens et musulmans...

Robert Goyek : « Faire des religions des sources de paix »

Les Églises membres du CEPCA s'efforcent déjà, à leur niveau, de promouvoir des rencontres régulières avec des responsables catholiques et musulmans :

Robert Goyek : « Promouvoir le dialogue islamo-chrétien au Cameroun »

Robert Goyek avec Jean-Arnold de Clermont, Président du Défap © Franck Lefebvre-Billiez

Mais au-delà de telles réunions, sur le terrain, dans le Nord-Cameroun, ce sont beaucoup de projets soutenus par l'EFLC et le CEPCA qui intègrent au jour le jour cette dimension de dialogue interreligieux. Outre le rôle de ciment social des Églises, indispensables aussi bien dans le domaine de l'éducation que dans celui de la santé : autant de secteurs dans lesquels les Églises protestantes françaises sont déjà impliquées, via des projets soutenus par le Défap (comme, par exemple, l'envoi de volontaires au dispensaire de Pouss). Et comme, avec l'instrumentalisation des religions, la pauvreté est un des plus puissants leviers de déstabilisation, les Églises protestantes camerounaises luttent aussi, souligne Robert Goyek, « contre l'insécurité alimentaire » : elles aident notamment à la formation technique de petits exploitants agricoles toujours guettés par la famine et menacés par la désertification.

Robert Goyek : le rôle social des Églises au Cameroun

Par Franck Lefebvre-Billiez

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