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Il y a un an

Date de publication : 04/07/2013

Le 8 juillet 2012, Eric de Putter est mort assassiné à son domicile de l'Université protestante d'Afrique Centrale à Yaoundé, au Cameroun, où il enseignait sous le statut de volontaire envoyé par le Défap. Les proches d’Eric, son épouse, ses frères, ses parents continuent à porter la blessure à vif d’un arrachement prématuré. Sa jeune épouse, Marie-Alix, a été épargnée. Depuis, elle a mis au monde, une petite fille, Rachel, qui ne connaîtra jamais son père. Tous ceux qui ont côtoyé et apprécié Eric, dans son parcours universitaire, son engagement associatif ou son envoi en mission au Cameroun dans le cadre du Défap, pleurent son absence de façon douloureuse. Un an après, où en sommes-nous ?

L’enquête judiciaire en cours n’a pas encore permis de trouver celui qui a tenu le couteau et de remonter jusqu’au coupable ou au commanditaire, ce qui rend l’absence d’Eric encore plus douloureuse. Comment faire le deuil quand il n’y a personne à accuser, personne à pardonner ? La blessure reste ouverte. 
Après avoir écarté toutes les autres possibilités, il ne reste comme explication que les positions courageuses prises par Eric pour dénoncer, dans l’Université où il enseignait,  un certain nombre de dysfonctionnements qui aboutissaient à une baisse du niveau académique, préjudiciable aux étudiants.
Ce drame aurait-il pu être évité ? La question nous taraude. Fallait-il quitter le Cameroun plus tôt ? Aujourd’hui la réponse est évidente. Mais à l’époque, comment imaginer un tel dénouement ? Bien sûr, il y avait eu des tensions, parfois teintées de menaces contre Eric. Mais il y avait aussi des paroles d’apaisement de la part des responsables de l’Université. Cette apparente accalmie semblait suffisante pour envisager de terminer l’année scolaire. Eric avait à cœur d’honorer son engagement auprès de ses étudiants. Le Défap était cependant informé qu’Eric et Marie-Alix avaient décidé de quitter le campus pour les quelques jours précédant leur retour en France, car pour eux tout danger n’était pas écarté, mais Eric a été assassiné avant.
Nous pouvons regretter avec le recul de ne pas avoir eu la prescience d’un danger imminent. Oui, nous avons pu imaginer que le plus fort de la crise était passé.
Nous ne pouvons pas rejouer la partie. Nous sommes obligés de garder nos questions. Nous voulons dire ici que nous partageons ensemble la douleur insupportable d’avoir perdu Eric. Et que le remords ou la rancœur nous ne le rendront pas. Nous voulons aussi affirmer aujourd’hui être encore nourris par l’idéal qui l’a porté, par son exigence de vérité, de justice, de loyauté. A cause d’Eric, nous pouvons moins que jamais accepter la corruption, la dissimulation, les petits arrangements entre amis… Dans un monde de ténèbres, Eric par son attitude intransigeante, nous encourage à rechercher toujours la lumière. Nous le devons à sa mémoire.

Christian Bonnet
Secrétaire général du Défap

 

Voir la page de Réforme N°3520 du 4 juillet 2013 consacrée à Eric de Putter

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