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Sur la route des esclaves

Date de publication : 13/06/2017

Ouidah, Whydah, Juida ou encore Ajudá, 4 prononciations différentes pour un même destin : l’exil, la servitude et la mort. Située à une quarantaine de kilomètres de Cotonou, cette ville fut, au XVIIIème, l'un des principaux centres de vente et d'embarquement d'esclaves dans le cadre de la traite occidentale. Plus d’un million d’esclaves y sont passés pendant 3 siècles. Un site hautement symbolique.

« La place aux enchères »
A Ouidah, la chaleur peut parfois être écrasante. La découverte de la route des esclaves débute sur la place centrale, la Place aux enchères, où les esclaves étaient rassemblés et marqués au fer afin d’y être vendus. Le silence s’installe progressivement parmi les visiteurs, laissant pour certains leur imagination entendre le bruit des hommes et des chaînes.

Le « commerce » se faisait alors sous le contrôle d'un grand dignitaire de l'État, le yovogan, littéralement chef des Blancs, qui constituait l'interface commerciale entre les négriers européens et l'état négrier d’Abomey. Dans ce royaume relativement centralisé mis en place par le roi Agadja d’Agbomin (1708-1740), la traite négrière fut érigée en monopole royal par le roi Kpengla (1774-1789) et alimentée par de périodiques razzias aux marges du royaume.

Les esclaves parcouraient les quelques kilomètres qui les séparaient de la plage, et du départ vers leur nouveau-monde, enchaînés les uns aux autres. Cette route, désormais jalonnée de statues présentant symboliquement les différents rois, nous raconte l’inimaginable. Elle questionne : comment penser la différence et la vie ? Le semblable et le dissemblable ?


Les vestiges de l’organisation
Ouidah constitue l'un des principaux ports d'exportation d'esclaves, plusieurs pays européens étaient organisés sur place, disposant de forts spécifiques : français, anglais, danois, hollandais et portugais. Seul existe encore ce dernier, désormais ouvert au public sous forme de musée.

 

Ouidah, avril 2017, DR



Arbre de l’oubli, présent sur le site de Ouidah, DR

 

La mort par étapes
Puis, vient la route de « l'Arbre de l'oubli », ainsi nommée du fait d'un rituel au cours duquel les esclaves tournaient autour d'un arbre pour oublier leurs origines et garantir leur servilité. L'Arbre du retour, planté par le roi du Dahomey et garantissant le retour des âmes des captifs après leur mort. Et enfin le Mémorial du souvenir, érigée sur la fosse commune des captifs morts avant la déportation. Un moment de recueillement, comme pour accueillir ensemble ces pensées que nous portons vers ceux qui ont souffert ici.
Quitter sa terre et laisser son âme
Erigée au niveau de symbole mondial de l'arrachement des captifs africains à leur terre, et de leur déportement vers les colonies d'outre-mer, Ouidah a bénéficié du soutien de l'UNESCO pour la création en 1995 de la "Porte du non retour". Un monument imposant faisant désormais figure de lieu de mémoire primordial.

 


« Porte du non retour » à Ouidah, DR

 

Ouidah, lieu de mémoire collective, lieu d'une blessure intime mais aussi haut lieu du vaudou. La visite s’achève par le temple du python, un animal sacré dont le culte se pratique assidûment.

 

Exemplaire de « certificats de liberté » *, DR

 

* Ces documents administratifs émis au Sénégal, alors colonie française, datent de la fin du XIXème siècle. Ils servaient à officialiser le rachat de liberté. L’esclavage était pourtant aboli depuis 1848, mais si la traite transatlantique avait cessé, nombre de personnes demeuraient encore en servitude en 1882, date de son certificat.

 

 

 

Extrait d’un article publié sur le site de la Cevaa, dans le cadre de son Conseil exécutif au Bénin

 

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