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Formation à l’islamologie : comprendre l’autre

Date de publication : 10/07/2015

Dans un souci de meilleur vivre-ensemble et de dialogue interreligieux, le Défap a ouvert un programme de bourses pour une formation à l’islamologie. Une première « promotion » est sortie fin juin 2015. Présentation et impressions.
Formation à l’islamologie : comprendre l’autre

La pasteure camerounaise en train de présenter sa soutenance

Le programme

 

Ce programme a consisté à donner des bourses à cinq étudiants pour qu’ils étudient et obtiennent le certificat en islamologie de l’Institut al-mowafaqa de Rabat, au Maroc.
Cette première expérience a été un succès.

 

Les bourses pour l’Institut Œcuménique de Théologie ont été attribuées à un étudiant français en théologie, deux pasteurs centrafricains, une jeune pasteure camerounaise et une journaliste de l’Eglise sénégalaise.

 

Ce certificat de six mois d’initiation à l’islamologie est reconnu par l’université de Strasbourg. Il a pour but de former des gens dont ce n’est pas la spécialité mais qui travaillent ou sont en contact avec des musulmans, afin qu’ils comprennent mieux cette culture religieuse.

 

Cette première session a bien fonctionné, et les organisateurs espèrent que l’expérience sera renouvelée.


Le ressenti des étudiants

 

Les boursiers concernés étaient tous très contents d’avoir l’occasion de participer à ce programme. Ils l’ont trouvé très difficile : en six mois, ils ont dû apprendre l’arabe classique afin de lire des textes du Coran.
Les professeurs qu’ils ont eus, de grandes pointures en islamologie, ne réalisaient pas toujours que des chrétiens n’avaient pas de connaissances, ne seraient-ce que basiques, en culture islamique.

 

Les étudiants ont fait un rapport sur leur formation. Ils ont également dû faire, pour valider le certificat, une soutenance de fin de programme.

 

La pasteure camerounaise a soutenu sur le sujet « le dialogue interreligieux face au djihad ».

 

La pasteure camerounaise en train de présenter sa soutenance

La pasteure camerounaise en train de présenter sa soutenance


Voici un extrait de son texte de soutenance :


« L’actualité est de plus en plus marquée par la manifestation des actes violents posés au compte du djihad. Le concept est donc connu par les sociétés entières, voire le monde entier, sans que l’on ait recours au sens fondamental de cette réalité. (…) Aujourd’hui, les medias ne s’embarrassent guère de nuances en traduisant le terme djihad par « guerre sainte ». (…)

 

La paix dans le monde commence par la paix dans nos quartiers, dans nos rues, en faisant que chacun devienne ambassadeur et responsable. Cela passe par une action concrète : rendre visite à son voisin, organiser un repas entre deux communautés religieuses pour ne citer que ceux-là. Pour bâtir un monde plus fraternel, il faut pouvoir conjuguer spiritualité et action, former aussi les jeunes musulmans et chrétiens à une vision juste du djihad. Car, un enracinement insuffisant en sa propre foi, une connaissance et une compréhension insuffisantes de la croyance et de la pratique des autres religions, peuvent mener à de fausses interprétations.


Pour affronter donc, les défis du dialogue avec l’Islam, il faut apprendre à affiner ses jugements, à déconstruire certaines certitudes, à relativiser certaines croyances et à redécouvrir le message intemporel et universel du Coran.  Déconstruire pour construire est un passage obligé, pour pouvoir discerner dans l’héritage des musulmans, la part du juste et du faux, la part d’utile à eux et à l’autre. 


Déconstruire pour construire, c’est aussi cesser de regarder le djihad, comme étant un problème lié à l’Islam, à l’arabe, au musulman. Nous pensons qu’il est impératif, de regarder le djihad tel que mené aujourd’hui, comme un fléau qui mine la société entière. »

 

Par ailleurs, un des pasteurs centrafricains a donné son ressenti sur la formation :

 

« J’ai beaucoup apprécié la manière avec laquelle nous avons été amenés dans les réflexions et échanges. Ceci a permis une réflexion active de tout le monde qui, malgré notre arrière-plan socio-culturel et religieux, notre vision du monde diverse, des approches différentes ont finalement rendu compte des enjeux des points inscrits aux débats. Je ne peux pas non plus oublier ces moments de partage libre, si enrichissants, où les expériences des uns viennent authentifier celles des autres. Oh ! C’est merveilleux cette formation ! »


Les avantages du programme

 

Cette formation a été bénéfique, notamment lorsque l’on sait que les pays où vivent les étudiants financés par le Défap possèdent une importante communauté musulmane : le Sénégal est majoritairement musulman, le Cameroun possède des problématiques liés à l’Islam au nord, la Centrafrique connaît des soucis de cohabitation entre les différentes cultures religieuses, et la France a un problème grandissant d’islamophobie.

 

Ces personnes vivant dans des zones où les relations avec les musulmans sont difficiles, il paraissait important de les « former » afin qu’ils aient une vision différente et plus juste de l’Islam, pour que la vie en communauté soit facilitée. Mais aussi, il est important qu’ils diffusent leurs connaissances autour d’eux.

 

Le Défap va suivre ce qu’ils vont faire, pour voir comment les choses peuvent avancer avec eux, et s’ils peuvent continuer leur réflexion en islamologie.


L’association espère également que plus de Français vont venir se former et utiliser leur connaissance en islamologie dans le réseau des paroisses.

 

L’idée de ce programme est de favoriser le dialogue interreligieux par une meilleure connaissance des autres cultures.

 

Pour en savoir plus sur l’Institut al-mowafaqa

 

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